après un bon bout de temps

Publié le par Sophie Dirou

Bon ça y est je suis arrivée à Makokou… je ne suis pas encore installée mais depuis plus d’une semaine je travaille ici… après des semaines un peu folles, me voici un peu plus posée… Je suis donc arrivée ici il y a plus de deux mois, la saison des pluies commençait déjà à se tarir. Maintenant nous sommes en pleine saison sèche ! A peine arrivée, je suis embarquée pour Makokou, ma future « ville » de résidence. Une petite dizaine d’heures de route m’attendent. La sortie de Libreville est fouillie sur plus d’une dizaine de kilomètres. Il faut slalomer entre les gens, les chiens, les trous, les taxis, les grumiers qui arborent fièrement leurs grumes gigantesques. Et puis on part, ça y est… Un vrai gruyère, des trous formés minutieusement par le temps, les pluies et le passage répété des véhicules en tout genre ornent le bitume. On s’arrête à Ndjolé pour un petit casse-dalle beurre/saucisson à l’ail. Je ne le sais pas encore mais le pire nous attend. A la sortie de cette ville un peu spéciale il faut bien l’avouer, ce ne sont plus des trous mais des fossés qu’il va falloir affronter…. Nous sommes en 4x4, nous passons. Ce qui m’étonne par contre c’est comment le minibus surpeuplé, débordant de vies arrive à grimper la côte !!! Je ne vais pas passer des heures à raconter la route… Juste signaler qu’à mi-chemin le bitume disparaît pour laisser place à la latérite creusée elle aussi par les temps, celui qui passe et celui qu’il fait… et les inévitables grumiers. Enfin inévitables ! Pour rester en vie, il vaut tout de même mieux les éviter, se serrer le plus possible contre le talus et les laisser passer. Ma première impression de Makokou, c’est que l’air y est plus frais et plus agréable que dans l’étouffante Libreville. Makokou est à environ 500m d’altitude. Quand, à Libreville, je raconte aux gens, locaux ou expatriés, que je suis forestière et que je vais aller travailler à Makokou (MKK pour les intimes), leur réponse est unanime : « Ah !!!». MKK : une ville de 10 000 âmes ? Peut-être ! Calme, ennuyeuse ? Certainement… Enfin bon en bonne Yonnaise que je suis ça ne me change pas beaucoup… et puis en plus forestière dans les pots d’échappement ce n’est pas vraiment mon truc. Cela dit ce qui fait que Makokou rime un peu avec trou perdu c’est surtout le temps qu’il faut pour rejoindre Libreville… Ne nous plaignons pas il y a des avions deux fois par semaine ! Lors de cette première visite, j’ai fait connaissance avec ma future demeure… Une petite maison charmante à côté de celle du chef de la scierie de la société. Vue sur le fleuve Ivindo, bananiers, corossolier, manguiers, avocatiers, frangipaniers… trois chambrettes, un salon… J’ai également vu à quoi ressemblait la forêt que je vais aménager. Qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire aménager ??? Grosso modo, aménager ça veut dire faire un plan d’aménagement et le mettre en œuvre. Ouais d’accord, je n’éclaire pas vraiment vos lanternes n’est-ce pas ? Bon un plan d’aménagement, c’est un document qui donne des objectifs assortis d’une planification sur une période d’environ 30 ans : • Objectifs de production : quelles essences, quelle quantité, comment, quand, pour que ce soit viable économiquement, • Objectifs de protection : où (quelle zone), but (protection d’un milieu spécial, d’une espèce rare, d’une espèce emblématique..), comment • Objectifs sociaux : afin d’améliorer les conditions de vie des ouvriers et de leur famille, mais aussi de vivre avec les populations locales. La rédaction d’un plan d’aménagement prend plusieurs années… surtout parce qu’il faut bien connaître la forêt, et pour la connaître il faut aller y faire des inventaires qui permettent de connaître la composition en essences, leur régénération, la présence de certaines espèces animales… ainsi que des études notamment socio-économique… Enfin voilà c’est déjà pas mal… je pense non… la suite au prochain épisode.

Publié dans Gabon

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